Première Journée internationale de l’éducation : toujours des discriminations chez les filles face à l’éducation

filles et rêves
Filles, rêves

L’éducation est un droit humain fondamental pour tous les enfants consacré dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Cependant, des millions d’enfants en Afrique, en particulier les filles, sont toujours privés de leur droit à l’éducation et n’ont pas la possibilité d’accéder aux connaissances, compétences et capacités nécessaires qui leur permettent d’être autonomes et de jouer un rôle plus égalitaire dans la société.

Les statistiques:

En 2018, les filles restent les premières victimes d’inégalités :

  • 132 millions de filles âgées de 6 à 17 ans sont encore privées d’école
  • 63 % des adultes analphabètes dans le monde sont des femmes
  • 1 fille sur 4 ne va pas à l’école dans les pays en développement
  • 64 millions de filles sont astreintes au travail forcé
  • 12 millions de filles sont mariées de force chaque année avant l’âge de 18 ans, soit près de 33 000 filles par jour
  • Près de 120 millions de filles, soit 1 fille sur 10 de moins de 20 ans, ont été confrontées à la violence sexuelle

Les filles dans le monde et en particulier dans les pays en développement continuent d’être discriminées injustement en raison de leur sexe. Elles sont privées d’éducation parce qu’elles naissent « filles ». Les freins à leur éducation sont multiples :

  • Les traditions culturelles – Dans certaines sociétés, les filles sont considérées comme un fardeau pour la famille. Leur éducation n’a donc aucune importance car leur destin est d’être mariées jeunes et de s’occuper des tâches ménagères et des enfants.
  • L’ignorance des lois et du droit – Les parents, n’étant parfois jamais allés à l’école eux-mêmes, ne remettent pas en question les discriminations liées aux traditions culturelles de ne pas scolariser les filles. Dans certains pays, les violations des droits des filles sont si répandues et normalisées que les sanctions sont rares.
  • La pauvreté – Les familles en situation d’extrême pauvreté ne peuvent subvenir aux frais de scolarité de leurs enfants, et si elles le peuvent, elles font souvent le choix d’envoyer les garçons étudier.
  • Les violences à l’école et sur le trajet de l’école – Les filles, plus que les garçons, sont exposées à la maltraitance, aux violences physiques et morales, et aux abus sexuels à l’école, de la part du personnel éducatif ou des garçons, et sur le trajet de l’école, ce qui conduit de nombreux parents à retirer leurs filles de l’école.
  • Les menstruations – 1 fille sur 10 ne va pas à l’école quand elle a ses règles car de nombreux établissements scolaires ne proposent pas d’endroit où elles peuvent se changer, ou alors parce que les protections hygiéniques coûtent cher et qu’elles sont forcées de rester chez elles.
  • Les risques pour la santé – L’épuisement physique et moral dû au travail forcé, les douleurs récurrentes dues à l’esclavage domestique, les grossesses précoces et infections sexuellement transmissibles suite aux violences sexuelles, et les mutilations génitales féminines les empêchent d’avoir une scolarité normale.
  • Les mariages précoces et forcés – Chaque année dans le monde, 12 millions de filles sont mariées avant l’âge de 18 ans. Ces filles sont généralement déscolarisées pour subvenir aux besoins de leur mari, s’occuper des tâches ménagères et des enfants. Les mariages forcés maintiennent les filles dans un statut inférieur à l’homme.
  • Les grossesses précoces – Elles contraignent les adolescentes à quitter l’école. Elles sont la conséquence des mariages précoces et forcés, des violences sexuelles et du non-accès à la contraception et à l’avortement.
  • L’absence de certificat de naissance – Les filles sans identité juridique et sans certificat de naissance ne peuvent pas s’inscrire à l’école, passer d’examens scolaires, obtenir des diplômes et ne peuvent pas poursuivre leur éducation jusqu’au bout pour prétendre à un métier et sortir de la pauvreté.
  • La traite et le travail infantile – La pauvreté amène souvent les parents à faire travailler leurs filles ou à les vendre. Considérées comme une charge, ce sont les premières à être exploitées.
  • Les situations d’urgence – exacerbent la vulnérabilité des filles et les discriminations. Les écoles détruites par la guerre, les conflits ou une catastrophe naturelle les rendent impraticables et dangereuses, l’isolement en cas d’épidémie, la précarité des camps de réfugiés, privent les filles d’éducation. Les familles se retrouvent aussi dans des situations précaires qui augmentent la pression économique qui pèse sur les foyers, entraînant les familles à marier leur fille ou à les obliger à travailler.

LES CONSÉQUENCES DE LA NON-SCOLARISATION DES FILLES

La non-scolarisation des filles présente de graves conséquences sur la vie de chacune d’entre elles, mais aussi sur le développement de leur communauté et de leur pays tout entier :

  • La non-scolarisation des filles les maintient dans un statut inférieur à celui des garçons. Une fille qui ne va pas à l’école aura plus de mal à faire entendre sa voix. Marginalisée, elle ne pourra s’exprimer, prendre les décisions qui concernent son corps et sa vie, voter, participer activement aux prises de décision de la société dans laquelle elle vit et avoir un rôle en tant que citoyenne libre.
  • La non-scolarisation des filles ne leur permet pas de sortir de la pauvreté. Cette situation risque de se perpétuer à la génération suivante car une fille non-éduquée ne peut pas comprendre l’intérêt de donner à ses enfants une éducation de qualité. Et pourtant ; chaque année passée par une fille sur les bancs de l’école augmente son futur revenu de 10 à 20 %.
  • La non-éducation des filles présente un risque important pour leur santé et celle de leurs enfants. Une fille non scolarisée aura plus de difficultés à accéder et à suivre les recommandations et les conseils de prévention et de soins pour elle-même et ses enfants. Un·e enfant né·e d’une mère qui sait lire a 50 % de chances en plus de survivre après l’âge de 5 ans.

Source: One in Five Children, Adolescents and Youths Out of School, UNESCO, February 2018

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