Journée Internationale de la Fille: Interview avec Alima DRAME, jeune fille leader au Sénégal

Ce jeudi 11 octobre 2018 est célébrée la journée Internationale de la Fille (JIF). Il s’agit d’une journée importante au cours de laquelle, les filles vont davantage communiquer sur leurs droits. Cet entretien avec Alima DRAME, Secrétaire générale du réseau Youth African and Adolescent Network (AfriYAN/Girls) revient sur l’importance de cette journée.

  • Que pensez-vous de la journée internationale de la jeune fille ?

La journée internationale des filles est une opportunité de mettre en lumière les nombreux problèmes et discriminations auxquels font face les jeunes filles.  Pour rappel, depuis 2007 des organismes comme PLAN luttait contre les discriminations faites aux filles à travers le monde, qu’il s’agisse d’éducation, de travail, de violences ou de traditions familiales. Mais c’est en 2012 que l’Organisation des Nations Unies a décrété le 11 Octobre journée internationale de la fille. Cette journée est un moment fort de plaidoyer à l’endroit des politiques pour nous jeunes filles leaders.

  • Pourquoi est-il important pour les filles qu’on célèbre la JIF ?

La jeune fille peut être privée de toute voix au chapitre de sa vie dans les décisions qui la concernent, son avenir ne lui appartient plus. Empêcher une fille de vivre son adolescence en bonne santé et en sécurité pour devenir une adulte productive et autonome est une violation de ses droits. Mais cela fait également peser lourdement sur le développement de son pays, c’est pour cela qu’il est important de célébrer la Journée Internationale de la Fille pour montrer au monde entier que le pouvoir que nous avons en tant que filles, notre potentiel qu’on doit libérer et nos droits également doivent être respectés et protégés.

  • Quelles sont les violences les plus récurrentes dont sont victimes les filles ?

Il peut arriver que les jeunes filles soient victimes de certaines violences qui demeurent des problèmes très préoccupants et constituent un obstacle au développement et à la jouissance de leur droit de s’épanouir. Ces violences sont les mariages d’enfants, les mutilations génitales féminines, les violences sexistes, les harcèlements, etc. Elles ont d’énormes conséquences notamment dans leur intégration dans le marché du travail, sur la poursuite de leurs études mais surtout sur leur estime de soi. Et pour remédier à cela il faut que le gouvernement harmonise la législation nationale et les textes ratifiés en relevant l’âge légal du mariage et la vulgariser tout en collaborant de manière régulière avec les dirigeants communautaires et religieux et qu’il mette en application de manière effective la loi portant obligation scolaire de dix ans mais avec une éducation de qualité. Il faudrait également que les jeunes filles résistent et osent dénoncer toute formes de violence (à la maison, à l’école et dans la société) à leur égard mais également qu’elles puissent adopter des comportements responsables pour éviter les grossesses précoces non désirées.

  • Quelles actions faudrait-il mener pour faire de l’autonomisation des filles une réalité ?

L’autonomisation des filles est un élément fondamental et une condition importante pour atteindre le développement durable et pour y remédier les filles ne doivent pas être seulement des militantes mais doivent guider le changement en participant à  influencer les décideurs, le plaidoyer et les activités opérationnelles.

L’état du Sénégal a posé des actions allant dans le sens de disposer d’un capital humain de qualité. Il a franchi un pas décisif dans la réalisation de sa politique en faveur des jeunes filles avec l’adoption d’une Stratégie Nationale de l’équité et de l’égalité du genre(SNEEG). Elle est salutaire mais on ne doit pas seulement se limiter à définir des stratégies. Il faut mettre en place des actions concertées  et novatrices en assurant des espaces sûrs aux jeunes filles dans une  approche multisectorielle et collaborative qui susciteront le changement vers un avenir meilleur pour le Sénégal.

Par ailleurs, la promotion d’espaces sûrs pour les jeunes filles est également un excellent moyen pour permettre aux jeunes filles d’exprimer pleinement leur potentiel et l’Etat devrait travailler à créer un environnement favorable à l’épanouissement de la jeune fille

Propos recueillis par Ibrahima FALL

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