Je vis mourant en silence!!

 

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Le 23 Mai est célébrée la journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale. J’ai eu à publier un premier article consacré pour mieux comprendre la fistule. Aujourd’hui, il me semble important de me pencher sur la souffrance que vivent les victimes de la fistules.

Incapables de rester sèches, beaucoup de femmes souffrent l’humiliation constante de dégager une odeur d’urine et/ou d’excréments. Il peut aussi leur être difficile de marcher parce que les nerfs des membres inférieurs sont atteints. Elles sont souvent rejetées par leur époux ou leur partenaire, évitées par leur communauté et blâmées de leur état. Les femmes non soignées non seulement peuvent s’attendre à une vie de honte et d’isolement, mais risquent aussi de connaître une mort lente et prématurée pour cause d’infection et d’insuffisance rénale. Parce qu’elles sont pauvres et ne comptent pas sur le plan politique, sans oublier l’opprobre attaché à leur condition, ces femmes sont restées dans une large mesure invisibles aux responsables tant à l’intérieur qu’en dehors.

Vivre avec cette maladie n’est pas facile. Les victimes doivent faire face au rejet, à la solitude comme l’a confiée cette femme de 30 ans, victime de la fistule lors d’une émission radio :

Vivre avec la discrimination dans ma famille a été la chose la plus douloureuse. On m’indexait tout le temps et j’étais tout le temps seule pour ne pas avoir à dégager d’odeurs désagréables auprès de mon époux et des membres de sa famille. Il a commencé à prendre ses distances tout comme les autres membres de la famille. Je vis mourant en silence et espérant bénéficier d’une opération tous les jours.

Beaucoup de femmes vivent ainsi dans le monde malgré l’existence de chirurgie réparatrice. Au Sénégal, des efforts se font pour garantir la prise en charge de la fistule mais il faut renforcer la prévention en insistant sur des actions visant à :

  •  repousser l’âge de la première grossesse;
  • mettre fin aux pratiques traditionnelles préjudiciables comme les mutilations sexuelles féminines (MGF) ;
  • permettre d’avoir accès en temps voulu à des soins obstétricaux
  • offrir aux femmes la possibilité d’avoir des activités génératrices de revenues.

Seulement à travers ces différentes interventions, les femmes et filles pourront être réparées et espérer retrouver une vie normale.

Ibrahima FALL

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