Entretien avec Aïcha Aïdara KANTE sur la journée internationale de la fille

Dans le cadre de la journée internationale de la fille, une série d’interview a été réalisée avec des jeunes filles leaders actrices dans la société civile.  Mlle Aïcha Aïdara KANTE membre de AfriYAN/Girls s’est entretenue avec nous dans le cadre de la célébration de cette journée.

Que pensez-vous de la JIF?

Aïcha KANTE

L’internationale de la jeune fille, célébrée le 11 Octobre de chaque année,  est une journée de magnification de toute une génération qui a pour but essentiel de défendre les besoins et droits des jeunes filles représentant le quart de la population mondiale. Quand on sait que les filles n’ont pas souvent accès à l’éducation, à la contraception, ne bénéficie pas d’espaces sûrs pour s’exprimer et qu’elles se trouvent très souvent violenter leur dédier une journée paraît tout à fait justifier.

Pourquoi est-il important pour les filles qu’on célèbre la JIF ?

La célébration de cette journée est importante dès lors que les besoins des jeunes filles d’aujourd’hui, futures femmes de demain ne sont pas pris en compte dans les politiques et leur niveau de représentativité dans les instances de prise de décision laisse à désirer. De plus, les filles sont des cibles vulnérables et se trouvent très souvent victimes de violences que cela soit à la maison, à l’école, dans la rue mais également dans leur travail. Par ailleurs, le manque d’accès aux services de contraception, de formation professionnelle qualifiante et d’espaces sûrs pour s’exprimer constituent un véritable. Dédier et célébrer cette journée pour les filles est une avancée énorme dans la voie de l’autonomisation de la jeune fille et du respect de ses droits.

Quelles sont les violences les récurrentes dont sont victimes les filles ?

Ces violences sont de  plusieurs ordres. Il y a les violences verbales ou psychologiques avec des injures entre élèves, élèves et enseignants. Le harcèlement sexuel, la discrimination sont une autre forme de violence que l’on retrouve en classe et à l’école. Les filles et certains élèves handicapés sont les plus exposés à cette forme de violence. Le viol qui est un phénomène très isolé dans les écoles, inconnu dans certaines localités. A cela s’ajoute également les mutilations génitales et la violence à la maison où la fille n’a pas le droit de décider de son avenir et se retrouve souvent pris au piège des décisions parentales qui l’oblige à quitter l’école pour les travaux domestiques ou à être marié précocement. Toutes ces violences doivent être combattues pour permettre à la fille de libérer son plein potentiel.

Que faudrait-il faire pour faire de l’autonomisation des filles une réalité ?

Ce qu’il faudrait d’abord, c’est briser les plafonds de verre qui sont sur son chemin  en commençant par la lutte contre toutes violences à leur égard et surtout contre les grossesses précoces non désirée, les mariages d’enfants avec leurs lots de conséquences conduisant à la déperdition scolaire.

Ensuite, garantir une éducation de qualité aux filles en les équipant de compétences utiles. Il faudrait également une législation forte qui puisse protéger les filles de mutilations génitales et de harcèlements, etc. Il faut aussi

Par ailleurs, la création d’espaces sûrs pourront permettre aux filles de s’ouvrir, d’apprendre à s’inculquer un leadership fort à travers les partages d’expérience. Et l’Etat du Sénégal a le devoir de protéger les jeunes filles qui avancent dans leur vie avec une épée de Damoclès sur la tête à cause de toutes sortes de violences et pressions exercées sur elle.

Propos  recueillis par Ibrahima FALL

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