Rien ne justifie le viol

Depuis le mois d’Octobre, le musée de la femme Henriette BATHILY reçoit l’exposition « Lan nga soloon ». Une exposition qui recueille des témoignages de femmes victimes de viol entre articles de presse, témoignages audio et habits.

Le viol dans le droit sénégalais :

Le viol est une agression sexuelle impliquant, selon l’article 320 du Code pénal, «tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise». Selon l’article 320 le viol sera puni d’un emprisonnement de cinq à dix ans.

En parcourant les différents objets, les arguments les plus exposés sont en lien avec l’habillement comme en atteste le témoignage d’une victime

« Le pagne et le haut avec lesquels je travaille. Mon patron a profité  de l’absence de sa femme pour me forcer à avoir des rapports avec lui. J’avais 15 ans »

Les constats au Sénégal :

En 2016, selon les statistiques de l’Association des femmes juristes, le Sénégal a enregistré  3600 cas de viol. L’ampleur du phénomène est perceptible dans la banlieue dakaroise à Pikine. Les victimes les plus touchées, selon les mêmes sources, ont entre 3 et 19 ans.

Cette recrudescence des viols est devenue monnaie courante dans la société sénégalaise et vient se nicher dans le lot des violences perpétrées chez les femmes notamment les filles.

La responsabilité de la société:

Certaines valeurs comme le « soutoura », le « kersa » et le « masla » la société sénégalaise  contraint la victime à dissimuler tout délit ou crime dont l’ébruitement pourrait porter atteinte à l’image ou à la réputation de la famille.

Ces valeurs sociétales qui basculent s’expliquent par le manque d’éducation de base, socle de la morale sociale. Et sur ce point, l’éducation religieuse, sexuelle sont importantes car si l’une manque cela peut produire des individus dérangés.

Parfois, la famille ou la communauté préfère régler les problèmes de viols à l’amiable parce que c’est souvent un proche et que l’ébruitement d’une telle histoire pourrait rompre l’équilibre familial.

Face à cette situation, il est aisément compréhensible que la dénonciation des cas de viols soit un problème qui n’aide pas les victimes et laisse les agresseurs perpétrer leur acte.

Dénoncer, protéger, accompagner. Voilà ce que doit faire la société pour garantir aux femmes et filles la justice.

Il faut également insister sur l’éducation des garçons et des hommes sur les violences faites aux femmes et filles notamment le viol et les abus sexuels dans des espaces dédiés.

Il est clair que le viol est un acte punissable et aucune personne ne mérite d’être violé. Il faut que la dénonciation se fasse pour que justice soit rendue.

 

 

Ibrahima FALL

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