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RAPO10 : focus sur les progrès du Partenariat de Ouagadougou

La deuxième journée de la rencontre annuelle du Partenariat de Ouagadougou a démarré par la cérémonie d’ouverture. Elle a vu la présence du ministre de la Santé du Burkina Faso qui a félicité les succès de ce mouvement et le retour tout naturel là où tout a commencé il y’a dix ans.

Les discours des officiels n’ont pas manqué de faire ressortir la nécessité d’apporter des réponses face aux situations d’urgences pour maintenir l’accès à la PF dans les situations d’urgence ainsi que pour renforcer les systèmes de santé dans le cadre de la couverture sanitaire universelle.

Pour Marie BA, l’UCPO est à l’entame d’une nouvelle phase avec une vision élaborée à l’horizon 2030. Une phase plus ambitieuse, plus inclusive pour la santé, le bien-être et l’autonomie de nos femmes et jeunes filles.

Pour les 10 prochaines années, des stratégies innovantes ont été élaborées pour atteindre l’objectif ambitieux qui est d’ajouter 6,5 millions d’utilisatrices additionnelles avant 2030 avec un focus sur la jeunesse, la recherche, les normes sociales et la planification familiale.
Par ailleurs, le professeur Charlemagne, Ministre de la santé du Burkina Faso a évoqué l’importance de la planification familiale. Il reconnaît que la planification familiale s’impose comme un levier à fort potentiel apportant une réponse efficiente aux défis majeurs des populations. Elle réduit la mortalité maternelle, améliore la santé et l’autonomisation des femmes.

Pour lui, pour régler la question de la prévention des crises sociale il est nécessaire de mettre un accent sur les meilleurs moyens pour permettre à chaque famille d’assurer une adéquation idéale entre la taille de leurs familles et leurs besoins. Mais pour faire tout cela, les décideurs ont besoin de données et l’UCPO va mettre en place un programme de recherche en PF.

Les progrès du PO :

La deuxième journée a été également l’occasion pour l’UCPO de partager les progrès réalisés depuis sa création. On retient de ces progrès ces résultats suivants :
– En 2021, 460 000 utilisatrices additionnelles ont été répertoriées dans les 09 pays du PO, 30 000 au-dessus de l’objectif initial ;
– Entre 2011 et 2021 le PO a atteint une performance unique de 4,1 millions d’utilisatrices additionnelles de PF dans les neufs pays du partenariat ;
– 19 700 000 Grossesses Non Désirées ;
– 7 000 000 avortements à risqué évité ;
– 66 000 décès maternels évités.

Préparation en contexte de crise humanitaire dans les pays du PO :

Le deuxième jour de cette #RAPO10 a été l’occasion de discuter avec des experts sur le thème de la 10ème RAPO. A cet effet, deux panels ont été organisés. L’un a porté sur la préparation en contexte de crise humanitaire et le dernier sur l’impact économique des crises sur les femmes.

Les intervenants de l’OCHA, du APHRC, ont partagé la situation humanitaire de la région de l’Afrique et de l’impact de la situation humanitaire sur les femmes. Pour eux, la situation humanitaire au Sahel s’aggrave rapidement et de manière significative. En deux ans, on note une augmentation des besoins humanitaires passant de 20 à 28.7 millions de personnes. La violence augmente les besoins de protection et affecte de manière disproportionnée les enfants et les femmes.

L’analyse de l’indice de gestion des risques de catastrophes et de crises humanitaires a été mis à jour en oct. 2021 et se réfère au danger et niveau d’exposition; à la vulnérabilité et au manque de capacité de réaction. La recherche montre un impact négatif avec une augmentation du risque de décès des nourrissons de + 25 %.

Il faudra un effort majeur des pays, soutenus par les partenaires internationaux, pour surmonter la baisse de l’utilisation des services de planification familiale et se remettre sur la bonne voie pour atteindre les objectifs ambitieux des ODD.

Ibrahima FALL

RAPO, l’UCPO démarre fort la célébration de ses dix ans avec les jeunes

L’UCPO célèbre ses 10 ans. Comme chaque année le partenariat de Ouagadougou organise une rencontre annuelle regroupant l’ensemble des acteurs qui interviennent sur les questions de santé sexuelle et reproductive y compris la planification familiale au niveau des 9 pays. La 10éme RAPO se tient en semi-présentiel à Ouagadougou au Burkina Faso (Pays hôte) et sur la plateforme zoom. Le thème choisi cette année porte sur : la Planification Familiale en contexte de crise humanitaire : préparation, réponse, résilience.

Les jeunes à l’honneur :

Le partenariat de Ouagadougou travaille avec beaucoup d’acteurs de la sous-région en Afrique de l’Ouest Francophone. Les jeunes ne sont pas en reste compte tenu de leur poids démographique et des défis importants qui existent encore chez cette cible notamment en termes d’accès aux services de santé, de violences basées sur le genre, de grossesses précoces non désirées, d’infection sexuellement transmissibles, etc.

La journée du 13 Décembre a été dédiée aux jeunes avec un programme en deux temps : une restitution du dialogue régional sur les normes sociales organisé par l’UCPO du 13 au 15 Septembre 2021 et une journée des jeunes avec des discussions portant sur l’impact des crises humanitaires et un focus sur la ICPF pour une meilleure implication de l’Afrique francophone.

Les discours lors de la journée du 13 Décembre sont tous allés dans le même sens en évoquant la jeunesse de la population en Afrique de l’ouest francophone ; l’impact des crises sur les femmes et les jeunes avec l’augmentation du taux de mariages précoces et forcés, l’augmentation des décès maternels ; la responsabilité collective de la communauté de s’assurer que les jeunes gens soient écoutés, les obstacles qui empêchent les jeunes d’accéder aux services de santé sexuelle et reproductive ; les solutions ou initiatives innovantes et durables des jeunes.

Un jeune du Mali a partagé son expérience par rapport à l’impact de la crise sécuritaire au et les moyens d’actions du réseau des Jeunes Ambassadeurs SRPF pour atteindre leurs objectifs. Pour lui, « Face à la crise, le Mali a dû se réadapter et suspendre les activités de masses qui permettaient d’atteindre les pairs éducateurs. Comme alternative nous avons choisi la digitalisation des actions ». Beaucoup d’autres initiatives de ce genre ont également été développés par les jeunes dans les pays du #PO. Ce qui montre à suffisance le rôle important des jeunes.

Par ailleurs, dans l’une des présentations de la journée des jeunes, un focus a été mis sur le 1er concours de plaidoyer de l’UCPO qui a vu 4 associations/organisations de jeunes entrer en compétition en finale. L’organisation @ap2sai a remporté la 1ère édition de concours. La 2ème édition du concours sera organisée en 2022 et portera sur le thème : « la prise en compte du volet jeunes dans l’agenda recherche du PO ».

Une présentation sur la #ICPF2022 a été faite. Cette présentation a fait ressortir les bourses dédiées aux jeunes, l’importance de la conférence, le dialogue entre les religieux et les jeunes, etc. Les organisateurs ont interpellé les jeunes et leur ont demandé de profiter des nombreuses opportunités pour participer à cette grande conférence car il y’a un défi quant à la participation de l’Afrique Francophone y compris les jeunes à cet évènement.

A l’issue de cette 1ère journée de la rencontre annuelle du #PO on retient que les jeunes et les femmes sont particulièrement touchés par les différentes crises que traversent les pays en Afrique de l’ouest francophone. Des opportunités existent toutefois pour permettre aux acteurs d’atteindre les objectifs fixés en matière de santé sexuelle et reproductive en assurant la continuité des services.

Rendez-vous est donné pour les autres jours de la réunion du partenariat de Ouagadougou qui se tient jusqu’au 16 Décembre 2021 en semi présentiel. Rejoignez-nous !!!!

Ibrahima FALL

Planification Familiale en Afrique de l’Ouest Francophone, le Partenariat de Ouagadougou (PO) 10 après

Lancé en février 2011, le Partenariat de Ouagadougou (PO) célèbre cette année, 10 ans de progrès dans la disponibilisation et l’utilisation des services de planification familiales dans 9 pays d’Afrique de l’Ouest francophone. Depuis sa création, le PO a réussi à fédérer les gouvernements, les bailleurs de fonds et la société civile autour de la vision d’Une Afrique de l’Ouest francophone où un accès facile à la planification familiale de qualité sauve et améliore la vie des femmes et des jeunes et sert de catalyseur pour un développement durable pour tous. Le PO voulait atteindre en 2020 2.2 millions d’utilisatrices additionnelles de méthodes modernes de contraception. Le PO a atteint largement cet objectif avec plus de 3,8 millions d’utilisatrices additionnelles de méthodes modernes de contraception portant le nombre total d’utilisatrices à 6,5 millions. Ce résultat satisfaisant a encouragé le PO qui s’est fixé comme objectif d’atteindre 13 millions d’utilisatrices de méthodes modernes de contraception d’ici 2030. Pour arriver à atteindre cet objectif ambitieux, le PO compte sur plusieurs stratégies parmi lesquelles figurent en bonne place les jeunes et la société civile.

Le PO, 10 ans après :

Le PO célèbre sa dixième année depuis cette année. Depuis sa création, le PO a réalisé d’importants succès en Afrique de l’Ouest Francophone : les plaidoyers et les politiques se sont renforcés pour créer un environnement plus favorable à la PF et aux DSSR de façon générale ; des réformes institutionnelles ont été initiées dans les pays afin de repositionner la PF comme un véritable levier de développement ; des plans stratégiques de PF (PANB) ont été élaborés, mis en œuvre et évaluer de façon périodique avec le concours de toutes les parties prenantes sous le leadership des Ministères de la Santé ; le Partenariat s’est élargi avec l’adhésion de nouveaux partenaires d’année en année (bailleurs de fonds, partenaires de mise en œuvre, jeunes…); la Coordination a été renforcée à tous les niveaux ; des efforts ont été faits dans la mobilisation des ressources aussi bien au niveau des Gouvernements, que des Collectivités locales, des PTF, et du Secteur privé ; des stratégies innovantes à haut impact ont été développées et mise en œuvre telles que les campagnes intégrées de plaidoyer, de mobilisation sociale et d’offres de services de SR/PF ; la DBC ; la PFPP/PA, la Délégation des tâches, les Equipes mobiles de PF, l’introduction du DMPA-SC dans les programmes de PF, et de l’ECS dans les curricula de formation, etc.

La RAPO 2021 :
L’UCPO a l’habitude d’organiser une réunion chaque année pour d’échanger sur les expériences entre les pays et célébrer les succès enregistrés dans la région. Cette année, l’UCPO veut faire fort en s’intéressant aux crises humanitaires. La thématique de la RAPO 10 porte par ailleurs sur : « La Planification Familiale en contexte de crise humanitaire : préparation, réponse et résilience ».
Le choix de cette thématique se justifie par la situation de crise sanitaire (pandémie) due à la covid19, la situation d’insécurité dans les pays de la sous-région et les changements climatiques.
Il s’agit pour l’UCPO de discuter des enjeux autour de ces questions pour sortir les femmes et les familles des situations de vulnérabilité et garantir leur droit d’accès à des services de santé essentiels notamment de planification familiale sont compromis.
Près de 800 personnes sont ainsi attendues pour échanger et partager des expériences.

Ibrahima FALL

Sénégal: un cadre consultatif des jeunes pour la santé et le bien être

Sénégal: un cadre consultatif des jeunes pour la santé et le bien-être.

Le Sénégal est un pays constitué à majorité de jeune. En effet, les 0-24 ans représentent 61% de la population. Qui dit jeunesse de la population, dit de nombreux défis en matière de santé sexuelle et reproductive.

Cadre Consultatif des jeunes

Ces défis restent encore nombreux concernant la santé des adolescents et jeunes et la planification familiale. En effet, les taux de grossesses précoces restent élevés, les mariages précoces persistent. La prévalence contraceptive est encore faible et les besoins non satisfaits sont importantes, surtout chez la cible des adolescentes mariés.

La question des données reste aussi un des défis majeurs pour cette tranche d’âge. Enfin les jeunes souffrant de handicap sont confrontés à de nombreux problèmes car les services ne sont pas adaptés à leur spécificité. Il faut ajouter à cela que les jeunes ne sont pas souvent impliqués dans les processus d’élaboration des stratégies qui les concernent

C’est qui justifie la création d’un cadre consultatif des jeunes regroupant 10 organisations de jeunes de la société civile.

Le cadre travaille depuis sa mise sur pied avec différents acteurs dont le gouvernement à travers la Direction de la Santé de la Mère et de l’Enfant, les acteurs de la société civile et les partenaires techniques et financiers.

L’objectif de ce cadre est de développer une stratégie de participation et de représentation aux débats, élaborations des documents, consultations nationales sur les thématiques de la SRPF au Sénégal.

Dans ce contexte, le cadre a participé par ailleurs à l’atelier de déconstruction des anciens engagements FP2020 et la construction des nouveaux engagements FP2030 pour le compte du Sénégal.

Le cadre a formulé ainsi ses différentes recommandations :

  • Accorder une représentativité de 20% aux jeunes dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi évaluation de tous les politiques et programmes concernant la santé sexuelle et reproductive, y compris la planification familiale ;
  • Prendre en compte la cible des adolescent(e)s et jeunes dans toute leur diversité: marié ou non en milieu rural ou en milieu urbain instruit ou non vivant en situation de handicap victime de quelques violences que ce soient dans tous les programmes de santé sexuelle et reproductive, y compris la planification familiale en facilitant l’accés aux services et aux produits avec impact sur la réduction des bns chez les 15-19 ans de 22,9 à 5% et chez les 19-24 ans de 19,6 % à 5% dans le but d’atteindre les odd 3 relatif à la santé et au bien-être, 5 relatif à l’égalité entre les sexe ET 10 relatif à la réduction des inégalités ;
  • Garantir l’exactitude, la complétude, la promptitude et le partage de toutes les données relatives à la santé sexuelle et reproductive et la planification familiale chez les adolescents et jeunes.

En contrepartie, le cadre des jeunes s’engage à disponible à accompagner le gouvernement dans toutes ces politiques de PF et à être les premiers acteurs de changement dans nos communautés.

Lancement national des engagements des jeunes du Sénégal a FP2030 :

Le Cadre Consultatif des Organisations de la Société Civile jeune a par ailleurs procédé au lancement de ces engagements pour soutenir le gouvernement du Sénégal dans ses objectifs sur la Planification Familiale le vendredi 20 Août 2021.

Ce lancement a permis de partager trois engagements portant notamment sur le cadre réglementaire au Sénégal notamment le décret d’application de la loi SR ; l’engagement des jeunes au niveau communautaire pour réduire les besoins non satisfaits en PF et l’engagement financier de l’Etat du Sénégal par rapport à la jeunesse sur le prochain PANB avec une budgétisation de 20%.

Ces engagements sont alignés aux différents des cadres mondiaux, régionaux et nationaux et que sont les ODD à travers l’objectif 3, le programme d’action de la CIPD, le programmes d’action de Beijing, la feuille de route de l’Union Africaine sur le dividende démographique, les objectifs de FP2030, les objectifs du partenariat de Ouagadougou, le PNDSS, le Plan SRMNIA et le Plan Sénégal Emergent notamment dans l’Axe 2 qui concerne le Capital Humain.

Ibrahima FALL

Perceptions des populations sur les violences faites aux femmes au Sénégal

La violence constitue un fléau universel qui détruit le tissu social et menace la vie, la santé et la prospérité de tous. Elle concerne autant les pays pauvres que les pays riches et intervient particulièrement lors de périodes de crises économiques. Les images et les récits de violences sont omniprésents dans les médias ; la violence est dans la rue, chez nous, à l’école, au travail et ailleurs encore. Le rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de 2013 présente une analyse mondiale des données scientifiques sur la prévalence des violences à l’encontre des femmes, concernant notamment les violences conjugales et les violences sexuelles. Selon ce rapport, 35 % des femmes dans le monde ont subi des violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur partenaire intime, ou des violences sexuelles exercées par d’autres que leur partenaire. Les femmes et les filles sont en plus grand danger de subir des violences sexuelles ; toutes les études montrent que près de 50%des violences sexuelles sont commises sur des filles de moins de 16 ans, 60 % sur des mineures de 18 ans.

D’après une étude de la Banque mondiale, 60 % des femmes sénégalaises ont avoué avoir été victimes de violences conjugales. Pour la même étude, en 2009, le comité de lutte contre les violences faites aux femmes (CLVF) a reçu, à travers ses antennes régionales, 463 cas de violences, soit une moyenne de 1,3 victime par jour. Les 65 % se sont déroulés dans l’espace conjugal. Au cours du second semestre de 2009, une femme a été tuée tous les mois et trois cas de viol ont été traités chaque jour au tribunal de Dakar. En 2011, le CLVF a de nouveau noté, au niveau de ses antennes régionales, 62 cas de violences physiques. Malgré la sous-dénonciation, ces chiffres démontrent la récurrence de ces violences au Sénégal. Le chômage, la précarité, l’alcoolisme de l’agresseur, des antécédents personnels de violences ou de maltraitance dans l’enfance, une prise de toxiques sont autant de facteurs non spécifiques qui peuvent induire des violences. Une combinaison de facteurs individuels, relationnels, communautaires et sociétaux augmente le risque d’être victime ou agresseur dans un contexte de violence. Certains facteurs de risque sont les mêmes pour les victimes et les agresseurs, notamment le jeune âge, le faible niveau de scolarité, le faible niveau socioéconomique.

Perception de la grossesse après une violence sexuelle :

Par rapport aux agressions sexuelles, le sentiment qui domine est celui de perte d’une chose précieuse qui est l’hymen. La perception de cette violence sexuelle est dépendante des conséquences de cette dernière, telle que la grossesse qui en résulte. La grossesse est perçue comme étant un élément de l’agression qui est là pour le leur rappeler. Une responsable d’une ONG de lutte contre les violences faites aux femmes témoignait que « [MD, 15 ans, victime d’inceste par son père et enceinte] a décidé de faire un abandon volontaire de l’enfant car pour elle c’est impossible de le garder, vu sa situation ; nous continuons à la soutenir moralement, financièrement et même sur le plan judiciaire… ».

Dénonciation de la violence :

Les motifs de dénonciation de la violence sont liés au désir de soustraire les victimes à ce milieu de violence. Pour la plus grande partie des victimes, la dénonciation est impulsée par le soutien d’une ONG ou des acteurs communautaires comme les femmes leaders du quartier ou du village appelées « Badjenou gox ».

Comportement des parents et de l’entourage :

La plupart des victimes disent ne pas être soutenues par leurs parents etleur entourage. On note un soutien notable, selon les victimes, des « Badjenou gox » et autres leaders de la communauté comme les chefs de quartiers. L’association des femmes juristes est citée comme étant un soutien majeur dans le processus juridique.

Difficultés financières de la prise en charge médicale des victimes :

Le certificat médical est souvent l’élément le plus important aux yeux de la victime qui le privilégie souvent au détriment des examens complémentaires. D’une part, ce certificat lui permet d’avoir une preuve judiciaire de son agression. Les gynécologues affirment que : « … les victimes ont plus tendance à se préoccuper de l’obtention du certificat médical que d’honorer les soins et les examens complémentaires… » ; « …Les patientes sont reçues tardivement, de ce fait on note une discordance entre les données physiques et l’interrogatoire… ». D’autre part, il y a les difficultés au niveau des structures de santé, notamment sur le plateau technique insuffisant à la prise en charge des victimes. Selon un des médecins urgentistes : « … les difficultés sont surmontables dans le cas des coups et blessures sans gravité, on peut les prendre en charge dans notre structure, mais quand cela nécessite des examens complémentaires comme une radio, on est obligé de les référer ailleurs pour une meilleure prise en charge… ».

Difficultés de prise en charge psychologique des victimes :

La prise en charge psychologique des victimes est insuffisante selon les interviewés. Les prestataires signalent leur besoin d’appui à ce niveau, eux-mêmes se jugeant incompétents pour la prise en charge psychologique des victimes. Ils jugent cet aspect important, surtout lorsque l’agresseur est un membre de la famille et que l’on a un cas d’inceste. Un des médecins dit que : «..il n’existe même pas de psychologue dans nos hôpitaux, la majeure partie reste à Dakar alors qu’il est difficile de faire déplacer ces victimes ; parfois elles n’ont même pas les moyens financiers pour honorer le déplacement en vue d’une assistance psychologique qui reste cruciale dans leur prise en charge et souvent négligée… ».

Méconnaissance du droit par les victimes :

La méconnaissance du droit par les victimes est également un motif de sous-dénonciation. Les victimes ne sont ni instruites, ni informées de leurs droits. Il y a une méconnaissance de la justice qui est partagée par la grande majorité de la population sénégalaise, selon les procureurs. Les procédures de justice longues décourageraient certaines populations de s’en saisir. Selon les procureurs, « … La population d’une manière générale ne connaît pas ses droits et méconnaît aussi le rôle de l’autorité judiciaire. Il y a comme une sorte de peur de tout ce qui a trait à la justice… » ; « … Le problème de l’accès à la justice à certaines couches sociales et l’absence d’informations suffisantes sur leurs droits… » ; « Les victimes ont honte ; parfois elles n’osent pas se montrer en public, et il y a les solutions à l’amiable… ». Pour les règlements, ils se faisaient à l’amiable avec, au premier plan, le dédommagement financier.

Les violences faites aux femmes et aux filles restent importantes au sein de la société sénégalaise. Mais le principal problème réside dans l’absence de dénonciation des préjudices subis par ces victimes. L’atrocité des violences, avec des répercussions négatives sur les plans physique, mental et social des victimes, doit inciter les autorités à inscrire des actions de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles dans les stratégies des politiques publiques de santé. Cela passe notamment par un renforcement des capacités humaines et techniques des milieux sanitaire, judiciaire et communautaire, couplé à l’intensification des actions de sensibilisation sur les méfaits des violences. Ces stratégies doivent cibler surtout les filles et les garçons ainsi que leurs parents en vue de repositionner la bonne place qu’occupent les filles et les femmes dans la communauté par la reconnaissance de leurs droits.

Perceptions des populations sur les violences faites aux femmes au Sénégal People’s perceptions of violence against women in Senegal Mamadou Makhtar Mbacké Leye, Ndeye Marème Sougou , Adama Faye, Ibrahima Seck, Anta Tal Dia, https://www.cairn.info/revue-sante-publique-2019-4-page-581.htm

E-santé : quel est l’avenir de la médecine ?

Résumé :À l’ère du digital, la santé ne fait pas exception. Secteur lucratif s’il en est, domaine par essence de la science et de la technologie, la santé est le terrain de jeu parfait pour les nouvelles technologies. Téléconsultation, objets connectés et robots futuristes envahissent donc peu à peu la santé et multiplient les possibles médicaux.

santé technologie

2020, l’Odyssée de la télémédecine

La grande gagnante de la crise sanitaire de 2020 est sans doute la télémédecine. Il faut dire que la pandémie de coronavirus a bouleversé les systèmes de santé du monde entier, y compris les pays développés. En France, les téléconsultations ont permis de consulter un médecin à distance tout au long du confinement, soulageant par la même occasion des hôpitaux et cabinets surchargés.

Les téléconsultations sont remboursées par l’Assurance Maladie depuis septembre 2018. Malgré cela, elles ne représentaient depuis qu’une part extrêmement marginale des consultations. Le Covid-19 a changé la donne : l’Assurance Maladie a ainsi déclaré que plus d’un million de téléconsultations ont été facturées entre le 6 et le 12 avril, contre 138 000 entre septembre 2018 et décembre 2019.

La télémédecine pourrait aussi apporter une solution aux déserts médicaux. La France compte 3,1 médecins pour 1000 habitants, un nombre resté stable depuis 2000 alors qu’il a augmenté dans le reste de l’Europe. En Europe, le nombre moyen de médecins pour 1000 habitants est de 3,6.

Un boom soutenu par les circonstances mais aussi par un nouveau remboursement : à partir du 18 mars, lendemain du début du confinement, les téléconsultations ont basculé sur un remboursement à 100%. Tout assuré pouvait donc bénéficier d’une consultation depuis le canapé de son salon avec la certitude de ne rien débourser.

Vous pouvez retrouver la suite de l’article en cliquant sur ce lien:

https://www.boutique-box-internet.fr/actualites/sante-technologie/

Dix éléments du succès de la planification familiale

Partout dans le monde, les programmes de planification familiale ont aidé les femmes et les couples à contrôler si et quand avoir des enfants, ce qui se traduit par d’énormes avantages pour les individus, les familles et les sociétés.

Les programmes dans les pays en développement répondent aux besoins de planification familiale de plus de 500 millions de femmes chaque année , évitant environ 187 millions de grossesses non désirées et évitant 2,7 millions de décès infantiles et 215 000 décès liés à la grossesse chaque année.

Au cours des 40 dernières années, la planification familiale a réduit les taux de fécondité dans les pays en développement, de six naissances par femme à environ trois par femme. Des taux de natalité plus faibles contribuent à un ralentissement de la croissance démographique, ce qui permet le développement économique et la durabilité environnementale. Malgré ces succès, le programme de planification familiale reste inachevé.

  • La moitié de toutes les grossesses dans le monde sont non planifiées ou non désirées .
  • Quelque 201 millions de femmes dans les pays en développement ont un besoin non satisfait en matière de contraception, c’est-à-dire qu’elles veulent espacer ou limiter les naissances mais n’utilisent pas actuellement de contraception.
  • Les programmes doivent s’étendre pour atteindre un nombre croissant de clients alors que la population mondiale continue de croître.
  • Les nouveaux changements financiers et administratifs mettent les programmes au défi de dépenser efficacement des ressources limitées .

Pour aider les programmes de planification familiale à réussir plus rapidement, nous avons distillé les leçons les plus importantes apprises sur 10 éléments cruciaux de programmes de planification familiale réussis, qui ont été identifiés par les professionnels de la planification familiale du monde entier.

  • Des politiques de soutien garantissent que les programmes de planification familiale occupent une place de premier plan dans l’agenda national avec des ressources financières adéquates.
  • La programmation fondée sur des données probantes utilise la recherche pour comprendre les besoins de la clientèle visée, surveille les progrès vers les objectifs du programme et évalue les réalisations du programme.
  • Un leadership fort et une bonne gestion aident les programmes à améliorer et à étendre les services, à intensifier les meilleures pratiques et à naviguer dans le changement.
  • Les stratégies efficaces de communication sur la santé utilisent un processus systématique et une théorie comportementale pour développer et réaliser des activités de communication qui favorisent et maintiennent un comportement sain.
  • La sécurité contraceptive garantit que les personnes sont en mesure d’obtenir et d’utiliser des contraceptifs de haute qualité quand elles le souhaitent.
  • Le personnel hautement performant possède les connaissances, les compétences, la motivation et l’environnement de travail appropriés pour fournir des services de qualité.
  • Les soins centrés sur le client permettent aux clients de trouver des méthodes contraceptives appropriées, de continuer à utiliser les méthodes choisies et de retourner chez un prestataire lorsqu’ils ont besoin d’aide ou d’une autre méthode.
  • Un accès facile aux services via divers points de livraison, tels que des cliniques, des canaux communautaires et des points de vente au détail, rend les méthodes contraceptives accessibles à davantage d’utilisateurs potentiels.
  • Des services abordables qui ciblent les subventions aux utilisateurs à faible revenu tout en déplaçant les utilisateurs qui peuvent se permettre de payer du secteur public vers le secteur privé maintiennent les services abordables pour tous les clients.
  • Une intégration appropriée des services , tels que la planification familiale avec les soins du VIH ou avec les soins de santé maternelle et infantile, peut répondre convenablement à un plus large éventail de besoins de santé pour les clients tout en étant plus efficace pour les programmes.

Hausse des grossesses précoces non désirées en période de confinement au Sénégal

Dans son dernier rapport, le Groupement pour l’étude et l’enseignement de la population (Geep) dénonce la menace qui pèse sur des milliers de jeunes filles au Sénégal. Le confinement partiel imposé pour lutter contre le Covid-19 a augmenté le nombre de grossesses précoces non désirées au pays.

La situation est alarmante. D’après les informations du Groupement pour l’étude et l’enseignement de la population (Geep), de nombreux cas de grossesse précoce ont été signalés à Kolda, Sédhiou et Ziguinchor. La capitale Dakar n’est pas épargnée puisque de nombreuses jeunes filles sont tombées enceintes à Colobane, Fass, Médina et Gueule Tapée.

Au Sénégal, comme partout en Afrique, les grossesses précoces non désirées représentent un problème majeur pour les jeunes filles. En 2017 déjà, un rapport de l’ONG Plan International estimait que « pour les grossesses précoces, un taux de 71,9% est enregistré entre les classes de 6e et de 3e et un taux de 28,1% entre la 2nd et la Terminale ». En parallèle, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que les complications liées à la grossesse et l’accouchement causent déjà la mort de nombreuses filles âgées de 15 à 19 ans. A l’ère du coronavirus, la santé des jeunes filles enceintes est encore plus menacée.

Manque d’accès aux services de santé sexuelle et reproductive

Après près de quatre mois de confinement partiel pour ralentir la propagation de la Covid-19, nombreuses sont les filles et les femmes qui ont des difficultés à accéder aux services et informations liés à leur santé et leurs droits sexuels et reproductifs. D’autant plus que les jeunes femmes célibataires qui tombent enceintes subissent l’opprobre et la discrimination sociale et sont souvent rejetées par leurs parents voire renvoyées de l’école.

Mais ce n’est pas tout. Toujours selon Plan International, « une grossesse précoce a des conséquences catastrophiques non seulement pour la mère, mais aussi pour l’enfant« . Parmi ces conséquences, on peut notamment citer :

  • Risques pour la santé : Ces grossesses précoces sont très dangereuses aussi bien pour la mère que pour l’enfant : chaque jour, 194 filles meurent des suites d’une grossesse précoce. Pourtant, 90 % des causes liées à ces décès pourraient être évités. Les complications de la grossesse et de l’accouchement constituent la deuxième cause de décès pour les filles de 15 à 19 ans dans le monde. Ces décès sont généralement causés par le manque de centres de santé pour suivre ces grossesses à risque, ou d’argent pour y accéder.
  • Déscolarisation : 58 % des filles ne retournent jamais ou rarement à l’école après avoir eu un enfant. Ce chiffre augmente lorsque les filles sont aussi mariées.
  • Marginalisation : L’honneur de la famille repose sur la virginité des filles. Celles qui sont enceinte hors mariage sont donc victimes de discriminations et de marginalisation. Elles peuvent être rejetées par leur famille et deviennent ainsi vulnérables aux violences et abus, à l’esclavage domestique et à l’exploitation sexuelle.
  • Perpétuation du statut inférieur des femmes et de la pauvreté : Les mariages et les grossesses précoces maintiennent les filles dans leur statut inférieur à l’homme et ne leur permettent pas de sortir de la pauvreté. Il s’agit d’une situation injuste et d’un énorme potentiel perdu pour le développement des communautés et des pays.

article paru sur: https://allodocteurs.africa

Prendre en compte la santé sexuelle et reproductive en période de covid19

Depuis son apparition en Chine, le Covid19 a contaminé plus de 10 millions de personnes et causé plus de 500 000 décès à travers le monde. Avec une population estimée à 1,3 milliard d’habitants, l’Afrique est touchée par la pandémie à un moment où plusieurs de ses pays, malgré les défis du sous-développement, étaient sur une trajectoire d’émergence. Au Sénégal, la COVID19 sévit officiellement depuis le 2 mars.

À ce jour, plus de 11 587 personnes ont été contaminées dont 242 décès, 3821 sous traitements et plus de 7523 personnes déclarées guéries*. Des décisions importantes ont été prises par les autorités pour faire face à la pandémie, avec notamment la mise en place d’un Fonds de riposte et de solidarité (Force Covid19) pour atténuer les effets sur l’économie nationale et pour venir en aide aux plus démunis.

La COVID19 freine ainsi l’élan des uns, aggrave la situation des autres et remet en cause les efforts de tous. Elle soumet à rude épreuve les systèmes nationaux de santé publique déjà vulnérables. Ce bouleversement aura également un impact profond sur la santé sexuelle et reproductive en général et plus précisément sur l’accès aux informations et aux services de planification familiale. Pourtant, ces dernières années, le Sénégal avait très bien avancé sur ces défis. En effet, la prévalence contraceptive moderne a augmenté de manière continue, passant de 16 % en 2012-2013 à 26 % en 2017**. Malheureusement, tous ces acquis risquent d’être perdus à cause de facteurs liés à la COVID19 :

  • Peur des individus de se rendre dans les structures de santé pour recourir à des services de santé reproductive ou de planification familiale ;
  • Indisponibilité des méthodes contraceptives liée à la fermeture des frontières ;
  • Ruptures de stock ;
  • Ressources de la planification familiale redirigées vers la riposte contre la COVID19.

La COVID19 a aussi eu comme conséquences dans nos régions une explosion des cas de violences basées sur le genre et des grossesses précoces. La mortalité maternelle a elle aussi augmenté ; alors qu’elle était de 236 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2018**, la présidente de l’association nationale des sages-femmes a fait état de 600 décès survenus les deux premiers mois de la pandémie au Sénégal.

En tant que jeunes, nous avions espoir qu’avec cette nouvelle décennie, tous les maux
auxquels nous sommes confrontés allaient disparaître. Les Objectifs du développement
Durable (ODD) ont en effet offert un très bon cadre de lutte contre la pauvreté, les inégalités et le changement climatique, promettant ainsi aux jeunes un avenir plus radieux. Malheureusement, la COVID19 est apparue comme un frein, en particulier pour les ODD 3 et 4.

L’ODD 3, relatif à la santé et au bien-être, est très menacé par la COVID19. En effet, même si les personnes âgées sont plus à risque, les jeunes sont aussi très touchés. Aussi, la COVID9 a amplifié d’autres problèmes pré-existants pour les adolescents et les jeunes comme les questions liées à la santé sexuelle et reproductive. Aujourd’hui, il est fait état d’une multiplication des cas de grossesses précoces. Les services de santé de la reproduction deviennent de moins en moins accessibles. Les budgets qui devaient être destinés à la promotion de la santé sexuelle et reproductive et à la planification familiale des adolescents et des jeunes sont en train d’être redistribués pour la lutte contre la COVID19. Concernant l’ODD 4 relatif à l’éducation, les élèves étant restés plus de trois mois sans aller à l’école, l’avenir de l’année académique est incertain. Cette fermeture des écoles ne sera pas sans conséquences.

Aujourd’hui, afin de consolider les acquis, il est plus que jamais nécessaire de maintenir, voire renforcer les programmes existants de santé sexuelle et reproductive et de planification familiale. L’Alliance Nationale des jeunes pour la Santé de la Reproduction et la Planification familiale (ANJSR/PF), consciente de l’enjeu de la situation, a lancé, deux semaines après l’apparition de la COVID-19 au Sénégal, un appel à action sur les réseaux sociaux.

L’objectif était d’interpeler aussi bien la société civile, l’État et ses partenaires techniques et financiers sur l’importance de continuer la lutte pour les droits en matière de santé sexuelle et reproductive en cette période de pandémie. Aujourd’hui plus que jamais, il faut prendre conscience que l’on devra vivre sous la menace du virus pendant encore quelques temps. Nous ne pouvons pas négliger toute une part essentielle de la santé plus longtemps. Il faut dès maintenant reprendre les bonnes habitudes. Les femmes peuvent reprendre leurs consultations prénatales et/ou pour la planification familiale et retourner dans les centres de santé en toute sécurité, sans risque d’y être contaminées.

Afin que cela soit effectif, il faudra :

  •  Faciliter l’accès aux méthodes à longue durée d’action
  •  Intégrer la planification familiale aux soins post-natal
  • Encourager et fournir les méthodes de planification familiale auto-soins
  • Transférer les compétences
  • Utiliser les médias sociaux pour sensibiliser et donner accès à la télémédecine
  • Mettre en place des stratégies d’atténuation pour assurer l’approvisionnement jusqu’au dernier kilomètre
  • Protéger le personnel sanitaire en fournissant le matériel nécessaire de manière régulière
  • Appuyer les organisations de jeunes dans leurs programmes en matière de santé sexuelle et reproductive.

Avec sa population jeune, la structure démographique du Sénégal est très favorable pour booster notre économie. Nous devons profiter de la situation et faire l’investissement nécessaire pour en tirer pleinement profit. C’est le moment de replacer la capture du dividende démographique dans les priorités nationales. Pour cela, la prise en charge de la santé sexuelle et reproductive, y compris la planification familiale chez les jeunes est plus que jamais nécessaire dans cette période de crise.

Interview avec Fatou Diop SAMBE
Spécialiste en question de population, développement et santé
Point focal jeune PO/FP2020 Sénégal