Appel de Dakar des jeunes ambassadeurs SRPF

Nous, jeunes réunis ce jour 14 décembre 2018, à Dakar au cours de la 7éme réunion annuelle du Partenariat de Ouagadougou,

Conscients que la santé sexuelle et reproductive est un droit inaliénable chez les adolescent(e)s et jeunes

Conscients de la place importante de la planification familiale dans le développement de nos pays et pour la capture du dividende démographique

Conscients que des efforts ont été fournis  depuis 2012 pour une baisse de la mortalité maternelle, néonatale, infanto-juvénile et des adolescent(e)s avec des progrès notables enregistrés par les pays avec l’accompagnement combien important des PTF et de la société civile ;

Conscients de l’importance et de la pertinence des différents engagements pris par nos Etats en 2011 à Ouagadougou et renouvelés en  Juillet 2017 lors du sommet de Londres.

Considérant que l’adhésion de nos pays aux grands mouvements de la Planification familiale que sont FP2020 et le Partenariat de Ouagadougou, ont servi de déclic dans l’amorce d’une réelle dynamique de progrès dans le repositionnement de la PF dans nos pays ;

Considérant que les orientations et des engagements ont été donnée par les jeunes lors des RAPO à Cotonou en 2015 et Abidjan en 2016, notamment sur l’augmentation du budget dédié aux activités de SRAJ dans les PANB ainsi que la levée des barrières socioculturelles et religieuses comme facteurs de positionnement stratégique de la jeunesse dans le processus d’accélération de la PF ;

Relevons avec amertume que :

  1. La situation d’ensemble de la santé sexuelle et reproductive des adolescent(e)s et jeunes demeure alarmante malgré les progrès enregistrés ces dernières années dans les pays du Partenariat de Ouagadougou ;
  2. L’accessibilité des adolescent(e)s jeunes aux services de santé adaptés reste très faible ;
  3. Le dialogue social autour de la santé sexuelle et reproductive des adolescent(e)s et jeunes reste insuffisant voire inexistant

Déplorons :

  1. La persistance du phénomène des mariages des enfants avant l’âge de 18 ans et des mutilations génitales féminines et les autres violences basées sur le genre ;
  2. La déperdition scolaire résultant des mariages d’enfants et des grossesses non désirées ;
  3. L’insuffisance des interventions en DSSRAJ à l’endroit des ados et jeunes défavorisés et en situation de vulnérabilité
  4. Les législations et les pratiques traditionnelles dans nos pays ne protègent pas assez les droits des jeunes filles.
  5. De nombreux cas de grossesses non désirées chez les adolescentes et jeunes par manque d’informations pertinentes et complètes relatives à leur santé sexuelle et reproductive en milieu scolaire et extra-scolaire avec des conséquences gravissimes sur l’avenir de la jeune fille;

Rappelons que:

L’accès des adolescent(e)s et jeunes aux services de SSRAJ et particulièrement à l’Education Complète à la Sexualité (contextualisée) sont des questions de droits humains;

Interpellons les acteurs de l’espace du PO à:

Faire de l’accès des adolescent(e)s et jeunes à leurs droits en matière de SRAJ et d’éducation à la Santé de la Reproduction une priorité

Impliquer les adolescent(e)s et jeunes de manière effective à toutes les étapes d’élaboration, de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation des plans, stratégies et budgets les concernant

Le respect et le renforcement du suivi des recommandations formulées par les jeunes lors de la 4ème RAPO à Cotonou et de la 5ème RAPO à Abidjan ainsi que le respect des recommandations formulées à la présente RAPO

La création des commissions santé des adolescent(e)s et jeunes par les ministères dans le cadre du suivi des PANB ainsi que la décentralisation du Think Tank jeunes au niveau de chaque pays pour garantir une participation effective et efficace sur toutes les questions les concernant

Nous, jeunes nous engageons à :

  • Sensibiliser le plus grand nombre de nos pairs sur la SSRAJ ;
  • Plaider pour un meilleur accès à des espaces sûrs et aux services de SRPF ;
  • Plaider pour renforcer l’intégration de l’ECS dans les curricula ;
  • Suivre les engagements sur les adolescent(e)s jeunes notamment l’augmentation des budgets de SSRAJ dans les PANB à hauteur de 15% ;
  • A développer le dialogue intergénérationnel pour une meilleure compréhension du besoin de changements ;
  • Mobiliser les parents, les leaders religieux et chefs coutumiers dans des plateformes d’échanges pour un changement de comportement ;

Fait à Dakar, le 14 Décembre 2018

Ibrahima FALL

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